Culture

Portrait industriel et créatif de quartier : Marconi-Alexandra AKA Mile-Ex

Publié Tue, 02 May 2017 18:04:43 +0000, par Diane Martin-Graser, dans Lifestyle

Connu sous le patronyme de Marconi-Alexandra, l’appellation Mile-Ex vient tout simplement de la contraction des deux quartiers qui bordent le secteur: Parc-Extension et Mile End. En levant le nez, on aperçoit les façades ravalées des bâtisses centenaires de l’avenue du Parc et on s’interroge sur ce qu’elles abritent. D’abord prisée par les artistes, cette artère effervescente de Montréal-Ouest connaît une évolution positive qui inspire la main d’œuvre créative et gastronomique, mais aussi les espaces de co-working et quelques entreprises de calibre international. Rencontre et découverte.

Virage à 360 degrés

Avant l’ouverture du pavillon des sciences de l’Université de Montréal, le Site Outremont se prépare à ouvrir « Le Virage » : une résidence d’artistes imaginée par les étudiants de la Faculté d’aménagement de l’UDM. Cet espace de 13 000 pieds carrés accueille une pépinière et partage la vedette depuis septembre dernier, avec le Catalyseur d’imaginaires urbains (CIU). Constitué de huit containers découpés sur mesure, cette plate-forme de diffusion artistique a pour ambition d’offrir aux créateurs un laboratoire d’expression et d’enseignement « hors-les-murs ».

Le Virage

L’esthétique au féminin : portrait d’artistes

Les modèles de rangements de Jarre, située au 6801 Waverly, sont un exemple en terme d’approche éco-responsable et d’esthétique. Elyse et Gabrielle se sont penchées sur l’optimisation de la conservation à l’ancienne des aliments. Leur 12 recettes conservées dans des pots masson les mènent plus tard à imaginer un concept où le gâchis de nourriture serait un mauvais souvenir. Pour changer les comportements alimentaires, et après un passage à l’école d’ébénisterie, elles décident de créer un premier prototype nommé La Denise, « un ensemble de trois sections permettant de conserver les fruits et légumes dans un environnement propice à leur conservation ». Le prototype est ensuite testé auprès d’une famille pendant trois mois avant de soumettre le plan d’affaires au Soutien au Travailleur Autonome et de lancer une campagne de socio-financement.

Jarre Design

La Denise reprend les principes ancestrales de conservation en trois sections : air, eau et sable. Pour la préservation mutuelle et naturelle des éléments, la collection répond à leurs besoins grâce aux échanges gazeux, à l’hydratation et au sable. Jarre confectionne aussi son beurrier breton qui le laisse plus onctueux avec un maintien dans le milieu aquatique. À venir : le pot à choucroute… tout en évitant que les bactéries entrent, le principe de lacto-fermentation apporte de nouvelles saveurs aux légumes. Exit le réfrigérateur et place à l’alchimie traditionnelle!

Au 7080 rue Alexandra, la créatrice de mode Valérie Dumaine dessine ses lignes de vêtements à la fois sobres et élégantes. Avant de créer sa griffe en 2003, elle alterne les cours de dessins techniques, les cours d’allemand à l’UQAM et les jobs d’été. Ce qui l’amène à voyager à Berlin et à s’inspirer des affiches de propagande communiste pour concevoir des imprimés graphiques et épurés. À travers ses éditions limitées, Valérie combine aisément le basique et la qualité des tissus.

Valérie Dumaine

Concernée par le développement durable, elle lance cette année sa première collection vegan. Elle n’hésite pas à reverser un pourcentage du prix sur les ventes de pièces imprimées « animaux », ce qui constitue une transition subtile vers la responsabilité des entreprises dans leur impact sur l’environnement.

Pick up Dépanneur

Petit à petit, le quartier se métamorphose en un vivier effervescent d’une nouvelle génération de restaurateurs attirés par le potentiel patrimonial parmi les friches. Des perles rares à découvrir sans plus tarder.

Un peu d’histoire

Fin 19e, un corridor ferroviaire qui effectue les liens commerciaux avec le reste du pays est mis en place tandis que les lotissements et les entreprises s’articulent autour. Quelques décennies plus tard, la délocalisation industrielle touche la population issue en majorité de la classe ouvrière. Le quartier s’appauvrit et fige le paysage résidentiel entre des friches urbaines. Cette situation évolue dans les années 2000.

La reconversion des anciennes usines, les projets de condos neufs et la concentration de compagnies dynamiques ont signé la fin de cette époque, marquée par un essoufflement pénible. En appartenant à une vague économique florissante, le Mile-Ex possède aujourd’hui un parc immobilier attractif, que les promoteurs les plus audacieux se divisent.

Chemin de fer

Le potentiel derrière ses murs

Malgré la désertion des chefs d’entreprises dans les années 60, de nouvelles recrues ont saisi la balle au bond en s’établissant dans ces immeubles historiques et pour la plupart classés comme patrimoine montréalais. Ce scénario fait écho à l’investissement du Nordelec, un mastodonte de briques situé à Pointe Saint-Charles.

L’édifice au 6300 avenue du Parc, au coin de la rue Beaubien, s’attire les faveurs du studio Moment Factory depuis 2015. Cette ancienne imprimerie construite en 1925, partageait ses locaux avec un foyer de sociétés de textile et des designers de mode. Pour les rénovations, il faut compter sur le Comité Consultatif d’Urbanisme (CCU) pour préserver l’essence originale des structures.

Il en est de même pour le 400 rue Atlantic qui abrite une pépinière d’entreprises ainsi que des espaces de co-working. Les couloirs de ce qui était la Canadian Copper Company, arborent de larges carreaux d’ateliers et des radiateurs en fonte aussi robustes que les murs. Pendant la seconde guerre, le bâtiment aurait été réquisitionné par le gouvernement pour fabriquer des douilles. Aujourd’hui, ce sont les entrepreneurs en T.I, en marketing et en architecture qui regardent le mont Royal, du haut des neuf étages.

Crédit photos: Diane Martin-Graser.



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